Portage salarial ou micro-entreprise : lequel choisir ?
Vous voulez travailler en indépendant sans créer de société ? Deux voies s'offrent à vous : la micro-entreprise, où vous êtes votre propre patron, et le portage salarial, où vous restez salarié d'une société de portage tout en trouvant vos missions. Les deux permettent de facturer des clients, mais le vécu, les coûts et la protection diffèrent radicalement. Voici comment trancher.
Deux logiques opposées
En micro-entreprise, vous êtes un travailleur indépendant. Vous facturez directement vos clients, encaissez le chiffre d'affaires, payez vos cotisations et gérez votre administratif. Liberté maximale, coûts minimaux, mais protection sociale limitée et zéro filet de sécurité.
En portage salarial, une société de portage vous emploie. Vous trouvez vos missions, elle facture le client à votre place, prélève ses frais de gestion et vous reverse le solde sous forme de salaire, avec bulletin de paie. Vous cumulez la liberté du freelance et le statut protecteur du salarié.
La comparaison qui compte
| Critère | Micro-entreprise | Portage salarial |
|---|---|---|
| Statut | Indépendant (TNS) | Salarié (régime général) |
| Prélèvement sur le CA | 12,3 % à 25,6 % de cotisations | ~45-50 % (charges + frais de gestion) |
| Frais de gestion | Aucun | 5 à 10 % du CA HT |
| Assurance chômage | Non | Oui |
| Retraite | SSI | Régime général + complémentaire |
| Plafond de CA | 83 600 € (services) | Aucun |
| Gestion administrative | À votre charge | Déléguée |
À retenir : la micro maximise votre revenu net immédiat ; le portage maximise votre protection, chômage compris, contre un coût nettement plus élevé.
Le coût réel : un écart de revenu net important
C'est le point le plus concret. En micro-entreprise, un consultant en BNC facturant 60 000 € paie environ 25,6 % de cotisations, soit un revenu avant impôt d'environ 44 600 €.
En portage, sur ces mêmes 60 000 €, la société prélève d'abord ses frais de gestion (mettons 7 %, soit 4 200 €), puis les charges sociales patronales et salariales sur le reste. Le salaire net avant impôt tourne souvent autour de 50 à 55 % du CA, soit ici environ 30 000 à 33 000 €. L'écart avec la micro est substantiel — mais il finance une vraie protection.
Quand le portage devient pertinent
Malgré son coût, le portage salarial a de vrais atouts dans certaines situations :
- Vous voulez conserver vos droits au chômage : c'est l'argument numéro un. En fin de mission, vous pouvez ouvrir des droits à l'ARE, impossible en micro.
- Vous dépassez le plafond micro : le portage n'a pas de limite de CA.
- Vous détestez l'administratif : facturation, relances, déclarations, tout est délégué.
- Vous testez une activité en gardant un statut rassurant, notamment après un licenciement.
Quand la micro reste imbattable
- Vous débutez avec de petits montants : les frais de gestion du portage pèsent lourd sur un faible CA.
- Vous voulez maximiser votre net et acceptez une protection sociale plus légère.
- Votre activité est simple et l'administratif ne vous effraie pas.
Il existe une troisième voie : cumuler micro-entreprise et allocation chômage (ARE) en début d'activité, pour combiner revenu et filet de sécurité. Nous l'expliquons dans cumul ARE et micro-entreprise. Pour comparer les protections sociales en détail, voir protection sociale des indépendants, et estimez votre net en micro avec le simulateur.