Frais professionnels déductibles : la liste pour freelances
Au régime micro, vous ne déduisez rien : un abattement forfaitaire est appliqué automatiquement. Mais dès que vous passez au régime réel (en EI, EURL ou société), la logique s'inverse : chaque dépense professionnelle justifiée vient réduire votre bénéfice imposable, donc vos impôts et souvent vos cotisations. Encore faut-il savoir ce qui est déductible, et à quelles conditions. Voici le guide de référence.
La règle d'or : trois conditions cumulatives
Une charge n'est déductible que si elle remplit trois conditions :
1. Elle est engagée dans l'intérêt de l'entreprise (pas une dépense personnelle) ;
2. Elle correspond à une dépense effective et est justifiée par une facture ou un reçu ;
3. Elle est comptabilisée sur l'exercice concerné.
Une dépense mixte (usage pro et perso) n'est déductible qu'à hauteur de sa quote-part professionnelle. C'est le cas du téléphone, d'internet ou d'un véhicule utilisé aussi à titre privé.
Les frais couramment déductibles
| Catégorie | Exemples |
|---|---|
| Achats et fournitures | Matières premières, petites fournitures de bureau |
| Matériel informatique | Ordinateur, écran, périphériques (amortis si > 500 € HT) |
| Loyers et locaux | Loyer du local pro, quote-part si bureau à domicile |
| Déplacements | Carburant, péages, train, hôtel, barème kilométrique |
| Télécommunications | Abonnement téléphone et internet (quote-part pro) |
| Logiciels et abonnements | Suites bureautiques, hébergement, outils SaaS |
| Honoraires | Expert-comptable, avocat, sous-traitance |
| Assurances | Responsabilité civile professionnelle, multirisque |
| Frais bancaires | Tenue de compte professionnel, commissions |
| Formation | Formations liées à l'activité |
Point souvent oublié : vos cotisations sociales obligatoires sont elles-mêmes déductibles du résultat au régime réel. De même que la CFE et la plupart des taxes professionnelles.
Les règles particulières à connaître
L'amortissement. Un bien durable de valeur significative (au-delà de 500 € HT en pratique) ne se déduit pas en une fois : on l'amortit sur sa durée d'usage (3 ans pour un ordinateur, plus pour du mobilier). Chaque année, une fraction du prix devient une charge.
Les frais de repas. Un repas pris seul, par nécessité de l'activité (déplacement, chantier), est déductible pour sa fraction excédant un montant forfaitaire représentatif du repas à domicile, dans la limite d'un plafond fixé par l'administration. Les justificatifs sont indispensables.
Le barème kilométrique. Si vous utilisez votre véhicule personnel à titre professionnel, vous pouvez déduire vos frais de déplacement selon le barème kilométrique publié chaque année, qui intègre carburant, entretien et usure, en fonction de la puissance et des kilomètres parcourus.
Le bureau à domicile. Vous pouvez déduire une quote-part de vos charges de logement (loyer, électricité, chauffage) proportionnelle à la surface dédiée à l'activité. Documentez ce calcul.
Ce qui n'est jamais déductible
- Les dépenses purement personnelles (vêtements du quotidien, courses, loisirs) ;
- Les amendes et pénalités ;
- La fraction privée d'une dépense mixte ;
- Les dépenses somptuaires ou manifestement disproportionnées.
À retenir : la déductibilité n'est pas un droit automatique, c'est une justification. Sans facture au nom de l'entreprise et lien avec l'activité, la charge sera écartée en cas de contrôle.
Micro ou réel : le calcul décisif
La déduction des frais réels n'a de sens qu'au régime réel. En micro, l'abattement forfaitaire (34 % en BNC, 50 % en services, 71 % en vente) remplace toute déduction. Le réel devient avantageux dès que vos charges réelles dépassent cet abattement. Nous chiffrons ce point de bascule dans régime réel ou micro-entreprise.
Faites l'inventaire de vos charges annuelles, comparez-les à votre abattement, et si le réel l'emporte, découvrez comment déclarer dans notre guide de la déclaration 2035. Une bonne tenue de vos justificatifs tout au long de l'année est la clé d'une déduction sereine.