EURL : le guide complet 2026 (gérant TNS, IR ou IS)
L'EURL — Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée — est la version à associé unique de la SARL. Longtemps concurrencée par la SASU, elle reste un choix pertinent pour l'indépendant qui veut des cotisations plus légères et accepte un cadre un peu plus rigide. Voici son fonctionnement en 2026 et les arbitrages qui comptent.
Le principe : une SARL à une seule personne
Comme la SASU, l'EURL est une société dotée d'une personnalité juridique propre, avec une responsabilité limitée aux apports. Le capital est libre (1 € minimum) et l'associé unique en détient l'intégralité. La différence fondamentale avec la SASU ne tient pas à la structure, mais au régime social du dirigeant et au régime fiscal par défaut.
Le statut du gérant : travailleur non salarié (TNS)
Le gérant associé unique d'une EURL est un travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). C'est le point le plus favorable de l'EURL sur le plan des coûts.
Les cotisations sociales représentent environ 45 % du revenu net que vous vous versez — nettement moins que les ~80 % d'un président de SASU. Pour un même coût pour la société, un gérant d'EURL dégage donc un net supérieur. La contrepartie : une protection sociale un peu moins généreuse (indemnités journalières et retraite calculées différemment), et pas d'assurance chômage non plus.
À retenir : à revenu égal, l'EURL coûte moins cher en cotisations que la SASU, au prix d'une protection sociale légèrement inférieure.
Le choix fiscal : IR par défaut, IS sur option
C'est l'autre grande spécificité de l'EURL. Par défaut, elle est soumise à l'impôt sur le revenu (IR) : le bénéfice est imposé directement entre vos mains, dans la catégorie BIC ou BNC, que vous l'ayez prélevé ou non. C'est simple, mais vous êtes taxé sur tout le bénéfice.
Vous pouvez opter pour l'impôt sur les sociétés (IS). Le bénéfice est alors taxé au niveau de la société (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), et vous n'êtes imposé personnellement que sur ce que vous prélevez (rémunération et dividendes). Cette option ouvre l'arbitrage rémunération/dividendes, mais elle est en principe irrévocable au bout de cinq ans. Notre article EURL à l'IS ou à l'IR détaille ce choix structurant.
| Critère | EURL à l'IR | EURL à l'IS |
|---|---|---|
| Imposition du bénéfice | Chez l'associé (BIC/BNC) | Dans la société (IS) |
| Base des cotisations | Bénéfice total | Rémunération (+ part des dividendes) |
| Arbitrage salaire/dividendes | Non | Oui |
| Simplicité | Élevée | Moindre |
Le piège des dividendes en EURL à l'IS
Attention à une différence majeure avec la SASU. En EURL à l'IS, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social (augmenté des primes d'émission et des sommes en compte courant d'associé) est soumise aux cotisations sociales TNS, et pas seulement à la flat tax.
Concrètement, si votre capital est faible (1 €), la quasi-totalité de vos dividendes est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales. Cela réduit fortement l'intérêt des dividendes en EURL par rapport à la SASU, où ils échappent aux cotisations. C'est souvent l'élément décisif entre les deux formes.
EURL ou SASU : comment trancher
En résumé :
- Choisissez l'EURL si vous privilégiez des cotisations plus faibles et vous rémunérez essentiellement en salaire/rémunération de gérance ;
- Choisissez la SASU si vous voulez maximiser les dividendes peu chargés et une protection sociale de type régime général.
Le bon réflexe : chiffrer les deux sur votre niveau de revenu réel. Utilisez le comparateur de statuts et lisez notre face-à-face SASU ou EURL en 2026 avant de vous décider.
